J’ai lu pour vous : Dessiner grâce au cerveau droit

J’ai lu pour vous : Dessiner grâce au cerveau droit

Hello les créateurs décomplexés !

C’est assez récemment que j’ai découvert le livre “Dessiner grâce au cerveau droit” écrit par Betty Edwards en 1979.

Il y est question d’une méthode d’enseignement du dessin qui sort des sentiers battus.
En effet Betty Edwards propose au lecteur d’apprendre à “voir” autrement pour dessiner de manière réaliste.
Partant du postulat que tout le monde est capable de dessiner, elle expose sa méthode et propose de nombreux exercices pratiques, pas à pas.

Pourquoi partager ce livre avec vous ?

Livre de Betty Edwards

Je suis persuadée que tout le monde est capable de dessiner. C’est d’ailleurs le message clef de la page d’accueil de mon blog, et ce livre le démontre, preuves à l’appui.

L’ ouvrage est complet, extrêmement fouillé dans la partie théorique et progressif dans la mise en pratique des exercices.

Pour les personnes qui veulent dessiner et s’en sentent incapables, c’est une occasion rêvée, pour se lancer sans risque.

Ce livre m’a touchée bien que je n’aie pas le profil des élèves de Betty Edwards. Je dessine naturellement sans avoir appris et je me suis reconnue dans sa manière de décrire la perception visuelle.
Son livre m’a permis de mettre des mots sur mon approche du dessin que je ne savais pas verbaliser.
Aujourd’hui, j’ai davantage conscience que c’est grâce à ma vison du monde que je dessine facilement et de manière intuitive.

Betty Edwards

Alors qu’elle enseigne le dessin, Betty Edwards fait le constat que beaucoup d’élèves échouent dans l’apprentissage traditionnel du dessin. Elle s’intéresse à d’autres méthodes pédagogiques en utilisant des techniques d’enseignement inhabituelles
Ces techniques sont efficaces et ses élèves obtiennent de meilleurs résultats. Parallèlement elle s’intéresse aux études menées sur le cerveau. Elle découvre que l’hémisphère droit du cerveau a des affinités avec la pratique du dessin.

Mise au point de la méthode : dessiner grâce au cerveau droit

Elle pousse ses recherches pendant des années et mène des expériences. Son travail aboutit à la mise au point d’une méthode qui ait l’objet de ce livre “Dessiner grâce au cerveau droit”.

Le livre comporte de nombreux exemples concrets et regorge de citations magnifiques.

Pour dessiner il faut apprendre à voir

D’entrée de jeu Betty Edwards annonce la couleur : il est possible à tout un chacun de dessiner. Comment ? Il suffit d’apprendre à voir autrement.

What ?

Qu’est-ce que ça veut dire voir autrement ? 

Lorsqu’une information est perçue, elle peut être traitée selon deux modes mentaux distincts.

Le mode verbal , logique, qui nomme les choses, les classe, les range : c’est celui de l’hémisphère gauche du cerveau.

Et puis il y a le mode intuitif, qui n’a pas besoin de nommer les choses, qui fait confiance à sa perception : c’est celui de l’hémisphère droit. 

Le cerveau droit a une affinité avec la pratique du dessin

Le cerveau droit a une affinité avec la pratique du dessin :
il voit les choses d’une façon globale.

Betty Edwards révèle que le cerveau gauche est le dominant mais n’est pas doué pour traiter les images.

C’est l’impasse alors ?

Du tout. La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez apprendre à “changer de fréquence” par la volonté.
Ce qui ne veut pas dire que c’est facile, bien au contraire cela ne se décrète pas. Il faut de l’entraînement.
Enfin, sauf pour les petits veinards, comme moi, qui ont un don pour passer naturellement d’un mode mental à l’autre.
D’ailleurs si on me demande comment je fais pour dessiner avec facilité, je  suis incapable de l’expliquer.

La voie d’accès au cerveau droit 

Pour accéder au cerveau droit et ainsi libérer votre créativité et votre expression par le dessin, certaines conditions sont requises.

Le passage au mode cerveau droit s’accompagne d’un état de conscience modifié (comme pour la relaxation) qui passe par une manière particulière d’aborder le dessin.

Il s’agit de se servir d’actions pour lesquelles le cerveau gauche n’est pas compétent ou mal adapté. On utilisera l’attention profonde, la lenteur, la non figuration, l’attachement aux détails. Il refusera de s’en charger et passera la main au cerveau droit.

Une série d’exercices est proposée pour provoquer la “bascule” du mode mental gauche vers le mode mental droit et voir différemment.

Le but de ces exercices est de vous apprendre à 

  • déceler les sensations physiques au moment de la transition entre les deux modes pour pouvoir les reproduire (exercice de visualisation, distanciation)
  • perturber le cerveau gauche pour qu’il abandonne la partie

Conditions favorables

le passage au mode cerveau droit s'accompagne d'un état de conscience modifié

En mode cerveau droit vous pouvez :

  • perdre complètement la notion du temps 
  • être captivé par votre dessin
  • entendre les conversations comme un bruit de fond, sans percevoir ce qui se dit
  • ne faire qu’un avec votre activité
  • vous sentir enthousiaste, plein de peps et serein à la fois

A chaque fois que vous dessinez il est important de se remémorer ces sensations pour avoir accès au cerveau droit.

Parmi les exercices proposés, j’ai fait celui qui consiste à copier un dessin à l’envers. C’est un mode radical de transition vers le cerveau droit. C’est efficace et ressemblant.

copier un dessin à l'envers : une méthode pour changer de mode mental

Ce qui est important pour réaliser cet exercice, c’est de concentrer son attention sur les : 

  • lignes (commencement et fin)
  • contours
  • bords
  • angles
  • formes de surfaces à l’intérieur des lignes

Tout en s’efforçant de ne rien nommer ou verbaliser.

Cerveau gauche et cerveau droit : les frères ennemis

Ce passage (assez long) du livre explique dans le détail, et références scientifiques à la clef, les fonctions spécifiques des deux modes mentaux.

Descriptions des hémisphères, explications des connections croisées, fonctionnement, conflits tout y est scrupuleusement détaillé.

Ce qu’il faut retenir :

Chaque hémisphère prend en charge
ce qu’il maîtrise le mieux.

L’hémisphère gauche analyse, verbalise, compte, abstrait. Il est rapide,  logique et rationnel.

L’hémisphère droit perçoit les choses globalement, imagine, visualise. Il est intuitif.

Au départ : une sensation identique, mais une gestion de l’information différente.

Evolution artistique

Pour comprendre pourquoi la plupart des adultes n’ont pas évolué dans le domaine artistique Betty Edwards évoque les dessins d’enfants.

L’enfant dessine à partir de l’âge d’un an et demi environ.
Dès l’âge de 5-6 ans, il dispose d’une réserve de symboles. Il a un objet ou personnage  favori qu’il redessine à l’infini.
En procédant par essai erreur il l’améliore, ajoute des détails…

Pendant toute une période
le dessin représente ce que l’enfant décide.

Le dessin représente ce que l'enfant décide

Il  s’est constitué passivement une réserve  d’images. Celles-ci associées à la connaissance verbale sont devenues des symboles qui attendent d’être invoqués.

Ainsi la plupart des personnes qui dessinent des yeux (par exemple), ne représentent pas ce qu’ils voient, mais ce qu’ils connaissent. C’est le symbole “dessiner les yeux” qui traduit la sensation. C’est pour cette raison que la plupart de leurs portraits ne sont pas ressemblants.

Aux alentours de 10 – 12 ans l’enfant se passionne pour le dessin réaliste. Il est très exigeant avec lui-même et ne se satisfait  jamais du résultat.

En coulisse le cerveau gauche insiste pour qu’il sollicite les symboles en réserve. Or ceux-ci ne sont plus adéquats.
En effet  la connaissance verbale de l’objet entre en conflit avec la forme réelle qu’il a sous les yeux. Celle-ci lui parait bizarre et illogique il la traduit par le symbole et son dessin est incorrect.

A partir de ce moment, blessés dans leur amour propres, beaucoup de jeunes décrètent qu’ils sont incapables de dessiner. Découragés, ils renoncent. Ce sont ces adultes qui affirment n’avoir jamais su dessiner et être incapables d’apprendre.

Eviter de faire ressurgir la symbolique de l’enfance est une autre condition pour pouvoir accéder au cerveau droit.
Il suffit de s’en tenir à ne dessiner que ce que l’on voit.

La méthode des contours pour changer de mode mental

Le livre propose une nouvelle série d’exercices qui consistent à focaliser son attention sur les contours de l’objet dessiné.

L’un d’entre eux consiste à suivre des yeux le contour de sa main, et de le reproduire simultanément avec l’autre main. Il faut garder la tête tournée et à aucun moment regarder la progression du dessin.

Pour favoriser le passage au cerveau droit, il est recommandé de procéder très lentement. Eviter toute verbalisation et considérer les surfaces attenantes au côté de la main, comme faisant partie du dessin.

J’ai fait cet exercice et le résultat est vraiment très étonnant.

Utiliser la méthode des contours pour changer de mode mental

La perspective en mode mental droit

Pour réussir à dessiner en perspective il est essentiel de voir les choses telles qu’elles sont.
Pour ça il faut réussir à dépasser nos interprétations erronées.

Il y a plusieurs manières de procéder dont le dénominateur commun est un cadre.

Utilisation d’une grille 

Une grille est placée devant le modèle L’artiste réalise le dessin grâce à la cette même grille reproduite sur son chevalet. En utilisant cette méthode vous ne remarquez pas les déformations liée à la perspective, puisque le dessin est “découpé” en cases.

L’inconvénient : le point de vue doit être fixe ce qui est difficilement réalisable autant pour le modèle que pour l’artiste.

La visée

La feuille sert de cadre en délimitant le dessin. Les bords de la feuille représentent la verticale et l’horizontale.

La feuille sert de cadre en délimlitant le dessin

En tenant un crayon devant soi et en fermant un oeil, il s’agit d’évaluer l’orientation d’un côté de l’objet par rapport à la verticalité et l’horizontalité.
Il faut alors reproduire sur la feuille le même angle. En quelque sorte, c’est comme dessiner par blocs.

La perception des  rapports de proportion spatiale est une fonction spécifique du cerveau droit.

Pour les personnages il convient de choisir un élément quelconque (par ex: la tête) comme unité de base et d’établir des rapports de proportions avec les autres éléments.

Dessiner une tête réaliste

Betty Edwards consacre une partie importante de son livre aux dessins de têtes humaines, de face, de profil et de trois quart.

dessiner une tête réaliste grâce au cerveau droit

Le procédé qui permet de dépasser les symboles mémorisés, consiste à :

  • établir des rapports d’échelles entre les différentes parties
  • délimiter les formes des éléments
  • fixer le regard sur les zones vides jusqu’à ce qu’elles apparaissent comme des formes et les dessiner.
    Par exemple dessiner la forme du blanc de l’oeil considéré comme une zone vide ayant un côté commun avec l’iris
  • observer la forme des espaces qui délimitent les éléments (par exemple reproduire l’espace sous les narines)

Les accessoires : cols, lunettes ne sont pas dessinés mais délimités comme espaces négatifs (zones vides).

Lorsque le dessin est terminé pour déceler les erreurs 3 méthodes :

  • regarder le dessin à l’envers (la vision est plus objective)
  • recouvrir la partie qui semble incorrecte, visualiser et reproduire l’image correcte
  • mettre le dessin à côté du modèle et comparer les espaces qui sont discordants

Ombres et lumières

Les ombres et les zones claires sont considérées comme des formes à part entière.

La méthode préconise de ne dessiner que les formes noires. L’objet se reconstitue petit à petit et son image réelle apparait comme par magie.
Le cerveau gauche est mis hors jeu.

La méthode préconise de ne dessiner que les formes noires

Une vision du monde qui révèle la personnalité de l’artiste

La fin du livre attire l’attention du lecteur sur le procédé “magique” du dessin qui “saisit la vision fugitive d’une réalité transcendantale”.

Les dessins, parce qu’ils représentent votre vision du monde, révèlent  votre personnalité aux yeux du spectateur. 

La maîtrise de la pratique de changement de mode mental dépasse le domaine du dessin.
Apprendre à exploiter les spécificités de chaque hémisphère permet de choisir la manière de résoudre des problèmes.

Il est important d’entretenir cette faculté acquise de “voir” à la manière des artistes. Pour ça le dessin doit être pratiqué tout le temps.

L’apprentissage du dessin ne cesse jamais.

Mon avis

Ce livre m’a beaucoup appris. Je trouve que la méthode et la pédagogie y sont très bien expliqués et illustrés.

“Dessiner grâce au cerveau droit” m’a renvoyé à deux autres livres. Celui de Jacques Fradin “l’intelligence du stress”. Il y est également question de cerveau. Cette fois il s’agit du mode mental automatique (qui gère le connu, rationnel,logique) l’arrière du cerveau et  le mode mental adaptatif (intuitif, qui improvise, s’adapte fait des expériences) le préfrontal. Les deux approches neuro cognitives sont assez complémentaires.

Le deuxième est un des livres de Carlos Castaneda “VOIR”. Il y raconte son initiation chamanique guidée par le sorcier Yaqui, Don Juan. Carlos n’arrive pas à “voir” et ne peut donc pas accéder à la connaissance.
Pour cause, il verbalise et écrit sans arrêt dans son carnet. C’est ce qui l’empêche d’accéder au pouvoir. Le livre de Betty Edwards m’a rappelé un passage où Don Juan demande à Carlos de se concentrer sur l’ombre des feuilles d’un buisson pour atteindre un état de conscience modifiée.

A propos du dessin des visages

En tant que morphopsychologue j’étudie les visages et leur structure.

Je suis étonnée que les conseils donnés pour les portraits ne tiennent pas compte des asymétries (de largeur, de hauteur et de profondeur) du visage. Or celles-ci sont pourtant présentes dans tous les visages à des degrés divers.

Dessiner un visage grâce au cerveau droit

J’en déduis que dessiner un visage à partir d’axes centraux, horizontaux et verticaux n’ont qu’un sens indicatif .
Les inclinaisons de profils, l’écart entre chaque oeil et le positionnement des commissures des lèvres sont très différents d’une personne à une autre. Je ne crois pas que l’on puisse dessiner tous les visages d’après une méthode standard.

Pour ma part je n’applique pas cette méthode d’axes, de formes géométriques associées ni de rapports d’échelles systématiques.
Je trouve que les visages sont figés et manquent de vie.

Je suis également un peu déçue qu’un livre si complet ne propose pas de méthode pour la pratique du dessin d’imagination.

Lorsque j’invente un personnage, un paysage ou un objet, il ne m’est pas possible d’appliquer la méthode des contours, ni des espaces négatifs, des angles, des inclinaisons…
Comment basculer sur le cerveau droit lorsque je dessine sans modèle
Cette question reste pour moi en suspend.

J’espère que vous aurez envie de lire ce livre passionnant.

Donnez moi votre avis dans les commentaires svp, ça fait toujours plaisir.

Et en attendant,

Soyez inspirés et créez sans complexe !

@+ Isa

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